Message du mois de juin 2007
Pour beaucoup de chrétiens qui ont connu l'Église avant le concile Vatican II, l'adoration du Saint-Sacrement était une prière centrale au sein de l'Église. Nous rappelons que cette liturgie comportait un décorum immuable. Le prêtre venait couvert d'une lourde chape, se rendait au tabernacle pour chercher l'hostie consacrée. Celle-ci était placée dans l'ostensoir avec vénération, et, après un temps de silence impressionnant, le prêtre introduisait la démarche d'adoration par le chant du «Tantum ergo». Il se mettait plusieurs fois à genoux, pour mieux signifier la démarche d'adoration. Les fidèles chantaient avec ferveur avant d'entrer dans la démarche d'une prière silencieuse.
Je ne connaissais pas les paroles de ces prières, mais leurs mélodies m'étaient familières. Elles étaient d'ailleurs suggestives et nous étions entraînés dans le mystère de l'Eucharistie, ce pain descendu du ciel.
L'adoration du Saint-Sacrement a été victime du courant de contestation qui a envahi l'Église dans les années 70. Cette prière a été d'autant plus délaissée que beaucoup de prêtres et de fidèles critiquaient en elle un penchant d'idolâtrie : «on n'adore que Dieu seul» disaient à juste titre ces contestataires !
Mais aujourd'hui l'adoration eucharistique refleurit dans de nombreuses paroisses et communautés religieuses. Elle a été purifiée de certains excès.
L'usage de
certains ostensoirs, par exemple, manifestait un peu trop sans doute un
aspect triomphant de la présence du Christ dans nos vies et dans le monde.
Nous sommes amenés à faire preuve de plus d'humilité : dans ma paroisse, nous
exposons le ciboire revêtu d'un voile qui nous rappelle que Jésus a planté sa
tente au milieu de nous. «Le Verbe s'est fait chair, il a
habité»
La contestation
de cette liturgie d'adoration nous a permis de corriger également certaines
erreurs. En particulier on en a précisé le titre : adoration
eucharistique et non pas adoration du Saint-Sacrement. Jésus, en effet,
dans l'échange avec la Samaritaine, nous invite à adorer en esprit et vérité.
Nous adorons le Père, par le Fils, en présence du
Saint-Sacrement exposé.
La présence du pain eucharistique fixe notre attention, nous introduit dans l'action de grâces, prolonge en notre cœur la prière de la messe. La lecture d'un passage évangélique nous resitue en présence du Seigneur, comme nous découvrons sa présence dans la pauvreté de nos communautés.
Dans les paroisses où les prêtres sont débordés d'activités, ce sont aujourd'hui des laïcs qui reprennent le flambeau, en ayant reçu la mission d'exposer le Saint-Sacrement.
De la plume du curé
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