Message du 5ème dimanche du Carême
Chacun de nous a son passé qui nous a rendu ce que nous sommes : nous n'avons pas à le renier, quel qu'il soit, mais nous avons à nous y adosser pour continuer à avancer. Notre passé n'est pas exempt de fautes : il y a eu du mal, du péché. Mais il y a eu le sacrement de réconciliation... le pardon de Dieu pour nous ouvrir l'avenir, comme il a ouvert l'avenir de cette femme dont parle l'Évangile. Nous avons à entendre pour nous-mêmes, cette parole d'Isaïe : «Ne songez plus au passé: je fais un monde nouveau...» car Dieu nous a fait capables de faire du «neuf» en nous.
Que cette dernière semaine de Carême, que cette Eucharistie, soient pour nous, le moyen de renouveler notre vie, de faire «germer» en nous et autour de nous, ce «monde nouveau» dont parle Isaïe. Alors, parvenus à Pâques, nous pourrons fêter le Christ ressuscité, à l'œuvre dans notre vie.
Annonciation du Seigneur
Vers 735 avant J.-C., l'ancien royaume de David est divisé en deux, depuis environ 200 ans : Samarie au nord, Jérusalem au sud où règne la dynastie de David, dont naîtra le Messie. Le nouveau roi de Jérusalem, Acaz, n'a que 20 ans et doit prendre immédiatement des décisions très difficiles.
Pour cela, il doit s'appuyer sur sa foi, ne compter que sur Dieu qui a promis que la dynastie de David ne s'éteindrait pas et qu'il tiendra ses promesses. Isaïe en est certain, mais Acaz ? Pris de panique, il sacrifie aux idoles - il tue même son fils unique - et il est décidé à demander l'appui de l'empereur assyrien. Isaïe voit le danger : en perdant son indépendance politique et religieuse, Acaz balaierait d'un coup toute I'œuvre de libération entreprise depuis Moïse.
C'est alors qu'Isaïe prononce les paroles lues aujourd'hui : «demande un signe». Devant les infidélités répétées d'Acaz, Isaïe annonce que Dieu, malgré tout, reste fidèle. Et Dieu va le prouver : l'enfant qu'il va donner au roi, s'appellera justement «Dieu est avec nous».
Ézéchias, l'Emmanuel annoncé, commettra des erreurs à son tour, mais la prophétie d'Isaïe restera toujours valable : quelles que soient les infidélités des hommes, rien n'empêchera la fidélité promise par Dieu à la descendance de David et à son peuple. Ainsi, de siècle en siècle, on devint peu à peu certain qu'un jour, peut-être lointain, viendrait enfin un roi digne de porter ce nom d'Emmanuel.
P. Josef Niesyto, DTh
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