Message du 4ème dimanche du Carême
À chaque fois que nous entendons cette magnifique parabole, nous sommes émerveillés par l'immensité du pardon qui vient du cœur de Dieu. Car le père des deux fils, c'est Dieu lui-même qui se désole quand un de ses enfants s'éloigne de la maison paternelle où il connaissait paix, tendresse et nourriture abondante. Le père est prêt à tout pour voir revenir son fils cadet et à en faire une créature nouvelle selon l'expression de saint Paul: «Si quelqu'un est en Jésus-Christ, il est une créature nouvelle». La leçon de la parabole se résume en fait à l'appel paulinien qu'on vient d'entendre : «Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu». Voyons quelques éléments de la parabole pour éclairer le chemin vers cette réconciliation. Tout d'abord le père est celui qui donne toujours avec générosité. Au fils qui lui réclame son héritage, il ne demande aucune explication ; il ne lui dit pas que le moment n'est pas venu d'établir le partage de ses biens. Il ne lui demande pas non plus comment il va utiliser cet héritage. Il le laisse aller en toute liberté. Il ne lui demande pas plus d'explications quand il le voit revenir, tout honteux, affamé, prêt à être traité comme un simple ouvrier. Mais surtout ce qu'il faut remarquer dans le récit, c'est la hâte du père à retrouver son fils et à le serrer dans ses bras. Il est frappant de lire que le père «court» pour se jeter à son cou. À l'inverse, on le devine aisément, le fils marche à pas lents et lourds, en se demandant par quels mots il va exprimer son repentir. Mais n'oublions pas l'autre fils. L'aîné, celui qui n'a jamais quitté la maison ni l'intimité avec le père. Pourtant il prend librement l'initiative de ne pas entrer dans la maison en revenant des champs. D'une certaine façon, ce frère aîné s'éloigne davantage de son père que le plus jeune, et surtout il se rend encore plus coupable en refusant délibérément de participer au festin pour fêter son frère. Je dirais même qu'il va en gâcher la joie. Cette parabole ne devrait-elle pas se nommer aussi la «fête interrompue» ?
N'oublions jamais que ce père a deux fils et que nous
ressemblons autant à l'un qu'à l'autre. Nous sommes le plus jeune par nos
égarements et nos dérives multiples, nous sommes le fils aîné lorsque nous
portons des jugements de sévérité et de condamnation
face à ceux qui se conduisent mal. Nous oublions la parole : «Ne jugez pas
pour ne pas être jugés». Il est parfois plus grave d'être le frère aîné
dans son refus que le frère pécheur prêt à revenir à la maison. Le père plein
de tendresse court vers tous ses fils et ses bras tendus voudraient tellement
serrer les bras des uns et des autres, sans aucune exception.
Soyons les frères aimants de tous les pécheurs, même les plus éloignés de
l'amour divin. Le Père des cieux est prêt à pardonner à tous et à réunir dans
un même amour tous ses enfants. En étant prêts à pardonner à tous, nous
vivrons pleinement la demande du Notre Père que nous récitons chaque jour
: «Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous
ont offensés».
Père Josef Niesyto, DTh
De la plume du curé
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